Condorcet

Une fin tragique et pathétique pour ce republicain des Lumières aveuglé par cet idéal « le peuple » et incapable de mener les réformes pourtant nécessaires et intelligentes qu’il ne cessa de proposer même au coeur de la Terreur.

Les Badinter offrent un mémorial brillant et tendre à cet homme sage, influent et idéaliste, une incarnation des plus hautes exigences humanistes, ternies par une incapacité à saisir les ombres au coeur des hommes, surtout en groupe.

Un regard, pour moi, trop délicat envers les Jacobins et les Montagnards, une inélégance dans le peu d’empathie envers ces milliers de femmes et d’hommes broyés par « l’idéal » révolutionnaire, pas un mot pour la tragique fin de la reine déchue et une condamnation bien faible des crimes de septembre 1792.

Mais le goût pour Condorcet, sa mesure (le plus souvent), son goût pour le républicanisme et son engagement avec Les Lumières donnent un texte à la fois généreux et précis, …et partial mais c’est l’exercice.

Je regrette un manque de perspective venant de l’analyse de la Revolution anglaise, de l’exécution de Charles 1er, du « magistère » de Cromwell et des conséquences de ce recours au « le peuple », tant dans les abalyses de Condorcet que dans celle des Badinter. Le premier y aurait gagné en compréhension du drame à venir, les seconds un peu plus de hauteur vis â vis de leur cher sujet. 
 

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